2007-03-31

Le PLQ et la politique de l'oubli

Jean Charest, alias Doctor No, a réussi à couler le PLC, à mener le camp du non à une quasi-défaite référendaire (notons au passage que Charest finira bien par être éclaboussé par l’un des innombrables scandales dans lesquels il a trempé en 1994-1995) et à diriger un PLQ plus incompétent que jamais dans des dossiers clés, et plus aplaventriste que jamais face au fédéral. On finit par s’ennuyer de Bourassa, le dernier des Libéraux à se poser des questions sensées (et qui était Québécois avant tout, jusqu’à l’épisode de Charlottetown). C’est tout dire!

La seule et unique raison de l’élection, puis de la réélection (de justesse) de la carpe Charest, c’est la stratégie de neutralisation du Québec que poursuit l’anguille Harper. Sans les promesses vides de Harper, ses bonbons à la cannelle en forme de poisson (UNESCO = bonbon rouge, nation québécoise = bonbon blanc) son règlement ponctuel (et non-renouvelable, il va sans dire!) du montant actuel du déséquilibre fiscal (et non du problème lui-même), l’argent sonnant destiné à acheter les contribuables québécois… Charest serait cuit.

Depuis le départ de Jean Allaire, le PLQ n’est qu’une coquille vide, un parti qui obtient le pouvoir quand les citoyens sont fatigués ou quand l’alternance des partis “à la britannique” effectue une pression de changement. C’est dans l’air, en quelque sorte. Qui voudrait d’un parti qui a une mentalité de fonctionnaire, qui n’a aucun projet d’avenir et qui promet de régler les projets du présent en blâmant le parti d’avant-hier (et qui n’y arrive même pas malgré ses efforts… timides et sans imagination).

Avec le PLQ qui efface l’Histoire du Québec des manuels scolaires, qui offre les célébrations de Québec sur un plateau d’argent aux propagandistes fédéralistes et qui parle de partition quand il est à cours d’argument… on s’en va vers un Québec qui perd la mémoire.

En 2008, la ville de Québec sera recouverte d’un épais manteau de chiffon rouge et blanc. Avez-vous entendu les publicités sur Québec 2008? La narration réussit, avec des prouesses sémantiques, à ne jamais prononcer les mots “France”, “Jacques Cartier” et “Champlain”, tout en résumant l’Histoire de la ville; édifiant!

En 2008, les élèves du niveau Secondaire de plusieurs commissions scolaires du Québec recevront des agendas (achat obligatoire) fournis par Patrimoine Canada; ces agendas n’ont été produits que pour les p’tits Québécois francophones. En 2008, on parle de “normaliser” le cours d’Histoire de Secondaire 4 pour évacuer les sujets “sensibles” relatifs aux conflits linguistiques, à la Nouvelle-France et aux événements nationalistes du Québec; on s’en va vers un cours d’Histoire calqué sur celui des provinces anglophones.

En 2008, le PLQ encourage les PPP et les chantiers d’infrastructure fédéraux; combien de zones fédérales, où les lois du Québec ne s’appliquent pas, constellent déjà notre territoire (ponts, places, routes, édifices, monuments, gares, aéroports, ports, quais, bases militaires, etc). Chaque édifice fédéral, chaque pont fédéral, chaque chemin de fer est une immense vitrine de propagande fédéraliste... qui ne se gêne pas, en plus, pour bafouer la Loi 101 en appliquant un bilinguisme "canadian" stricte. Ce fameux bilinguisme "coast to coast", appliqué de manière absolue au Québec... mais qui se mue en unilinguisme anglophone dès qu'on franchit la rivière des Outaouais!

En 2008… … … en 2008…. des élections pourraient avoir lieu au Québec. Est-ce que le PQ s’enligne vers une remontée spectaculaire, ou vers une érosion accélérée de l’électorat, qui n’aura plus peur de voter ADQ car c’est désormais un parti “majeur”. Nous ne pourrons pas nous permettre de tomber sous la barre des 25%, des 30 comtés.

Le Québec semble avoir oublié le rapport Allaire, la commission Bélanger-Campeau, les études Le Hir, et tous les autres documents du même genre. Il faudrait reproduire ces documents, en produire une version commentée (pour en aider la lecture) et distribuer cela aux citoyens. On arrêterait alors de surfer sur les scandales, et on trouverait une meilleure vague que cette déferlante qui fait déjà de la broue.

Le PQ est le seul parti à défendre la mémoire du Québec, donc, sa fierté et son avenir.