Il faut savoir tirer profit de la conjoncture actuelle. Peut-être le PQ a-t-il besoin de l’ADQ pour faire avancer la souveraineté actuellement… ou, du moins, peut-être le PQ peut-il tirer parti de cette donne politique. Avec le PQ à gauche, l’ADQ à droite et les tiers partis sans impact significatif, nous pouvons accomplir quelque chose qui aurait semblé impensable voilà quelques mois.OUI! Il est possible actuellement de prendre le parti Libéral en tenaille, par la gauche comme par la droite, et de le comprimer jusqu’à ce qu’il n’en reste plus que le noyau fédéraliste “purs et durs”. Il perdrait alors toute pertinence, confiné dans le West Island et dans Pontiac. Il ne pourrait plus prétendre parler au nom des Québécois francophones, encore moins au nom du Québec en entier. Le parti Libéral deviendrait un Equality Party!
La donne actuelle confirme la position du PQ comme parti représentatif à la fois des régions ET de la vie urbaine; le PQ est tout aussi pertinent sur le Plateau Mont-Royal qu’à Matane ou à Val d’Or. Voilà une situation remarquable, bien loin des accusations de “plateauisme” ou de “régionalisme” dont nous afflubent les démagogues libéraux. Quant à l’ADQ, il s’est imposé plus que jamais comme le partie des banlieues (à Montréal comme à Québec), de la classe moyenne qui traverse un pont pour se rendre au travail.
Évidemment, il reste toujours Rivière-du-Loup, l’unique comté adéquiste dans l’est du Québec… un comté qui serait péquiste s’il n’était la patrie de Mario Dumont.
S’il reste un château-fort libéral qu’il est possible d’aller chercher, c’est Laval. Ces comtés seront fort probablement courtisés par l’ADQ à moyenne échéance. Il faut préparer le terrain dès maintenant dans ce secteur stratégique de la banlieue montréalaise. Des candidats-vedettes du PQ pourraient y faire une différence, mais ce sera au “quitte ou double”.
Bref, je vois dans la situation actuelle la possibilité de s’attaquer à la prédominance néfaste du PLQ en l’érodant tout doucement. Vous imaginez un peu la situation en 2008: le PQ et l’ADQ se partageant le pouvoir et le PLQ réduit à 22 ou 25% de l’électorat et confiné dans le West Island et dans quelques comtés du Québec périphérique anglophone? Une telle situation est inespérée; nous pourrions peut-être travailler dans ce sens.
Car s’il n’y a plus de parti vraiment fédéraliste sur la scène politique, les choses pourraient avancer très rapidement pour nous. Les conditions gagnantes s’installeraient de manière très naturelle. Les Québécois retrouveraient leur fierté, puisque leur gouvernement élu arrêterait de leur faire croire qu’ils sont un petit peuple. Chaque fois que 75% de l’Assemblée Nationale dira “OUI” à un geste de rupture avec le fédéral, l’appui à la souveraineté grimpera en flèche dans la population.



1 commentaires:
Un petit addendum pour ce billet. Vincent Marissal confirme, dans son éditorial de La Presse du 26 avril, l'idée selon laquelle le PLQ devient graduellement un parti marginal, qui n'attire plus que les anglophones:
« Si l'érosion se poursuit, le PLQ ne réunira plus que les anglophones et les allophones de Montréal et conservera quelques châteaux forts (et encore, le mot est fort), dans les Cantons-de-l'Est et dans l'Outaouais. Il n'y a pas que la récolte électorale du PLQ qui soit menacée, sa pertinence l'est aussi. »
Dans le même article, Marissal affirme aussi qu'à 25% du vote francophone, le PLQ ne rejoint plus que les purs-et-durs fédéralistes. Mais où sont donc les Libéraux nationalistes? « Les nationalistes francophones, la base historique du parti de Jean Lesage et de Robert Bourassa, abandonnent Jean Charest pour Mario Dumont. »
Comme quoi... Dumont est réellement l'héritier politique de Robert Bourassa et le PLQ, une coquille vide depuis le départ d'Allaire et des autres.
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