Le débat sur les accommodements raisonnables, l’affaire Hérouxville, l’affaire du YMCA, la cabane à sucre, etc., a eu beaucoup de couverture médiatique dans la presse québécoise francophone, d’autant plus qu’on était en pleine campagne électorale. Toutefois, ce débat n’a pas suscité énormément d’intérêt dans la presse anglophone, pas même à Montréal.
Par contre, un faux scandale a été monté en épingle par cette presse trop souvent hystérique, soit le commentaire d’André Boisclair sur le succès des étudiants “aux yeux bridés” à l’université. Comme quoi tout commentaire à saveur multiculturelle, même positif, est démonisé dans la presse anglophone s’il provient d’un souverainiste. Même si le commentaire en question a mal été traduit et que son sens était tout à fait différent dans cette traduction en Anglais.
Pendant qu’on y est: quel les le taux d’intolérance face aux francophones dans le Canada Anglais? Les services bilingues sont-ils un accommodement déraisonnable à Sault-Sainte-Mary ou à Calgary?
Tout cela pour dire que finalement, le débat sur les accommodements raisonnables que l’on connaîte actuellement a fait rage surtout au Québec francophone. Dans le Canada anglophone, le dernier débat de cette ampleur remonte à plusieurs années, à 1990 en fait, lorsqu’un policier de la GRC, de religion Sikh, a demandé le droit de porter le turban lorsqu’il est en uniforme. Cela avait provoqué une tempête médiatique.
Il est fort probable que si l’on avait sondé la population canadienne anglophone en 1990, lorsque le jugement de la cour suprême a donné le droit à ce policier Sikh de porter le turban, on aurait trouvé une image quelque peu intolérante face à cet “accommodement raisonnable”. Je me souviens avoir lu des articles où les éditorialistes du Globe and Mail jouaient aux vierges offensées et mettaient leurs lecteurs en garde contre ce “dangereux glissement vers”… vers quoi au juste?
Si l’on laisse la poussière retomber un peu, les résultats des sondages redeviendront banals. Les Québécois ne sont pas particulièrement intolérants; il s’agit d’une situation qui touche à l’actualité, tout simplement. Mais quand on y pense, n’est-ce pas une tare bien connue de nos médias, que de capitaliser sur les événements sociaux pour créer des nouvelles bien croustillantes (…comme les oreilles de crisse)?
Parlant de couenne… je vais à la cabane à sucre du Sous-Bois, au mont Saint-Hilaire, ce vendredi. Cette cabane à sucre s’est rendue célèbre après avoir servi de la soupe aux pois sans lard à des convives musulmans. J’y vais pour une raison bien précise. J’ai des amis qui sont Hindouistes, mais qui proviennent d’un pays où bien des gens ont aussi banni le porc de l’alimentation (l’île Maurice). Ils sont au Québec depuis 3 ans et n’ont jamais pu goûter à la cuisine québécoise, eux qui ne mangent ni porc ni boeuf. En fait, ils ne connaissent pas grand chose du Québec, ayant surtout été épatés par Toronto, les chutes du Niagara et les publicités de Jean Charest à la télé. Combien d’immigrants sont dans la même situation? Toujours est-il que cette cabane à sucre est la seule (à ma connaissance) qui offre un menu aussi varié.
Alors, nos cabanes à sucre devraient-elles être inaccessibles aux gens qui ne mangent pas de porc, aux végétariens, aux Juifs, etc? Y allons-nous seulement entre Québécois de souche, et tant pis pour les autres? Si nous voulons intéresser les immigrants à notre projet de pays, nous devons trouver des moyens de les y inclure… après tout, nos grands-parents ne mangeaient pas que du jambon. Ils mangeaient aussi de la saucisse d’orignal, du pâté au poulet ou de la tarte aux oeufs.
La baptême culturel québécois de nos immigrants pourrait três bien débuter à la cabane à sucre… Avant d’avoir le Québec dans leur coeur, ils pourront l’avoir dans l’estomac



1 commentaires:
Un élément que je trouve particulièrement ironique avec les accomodements raisonnables, c'est que les Québécois (avec un gros «Q», donc le «Québécois moyen», expression que je déteste, mais bon...) trouvent déraisonnables les accomodements raisonnables... mais qu'ils ne font pas grand chose concrètement pour conserver et promouvoir la culture québécoise.
Le Québécois moyen est un joueur de hockey à la position de défenseur: il plaque les attaquants, en l'occurence les «méchants qui demandent des accomodements», mais n'attaque pratiquement jamais. Mis à part le militant du mouvement souverainiste, le Québécois prend très peu part à sa culture... mais il trouve terrible qu'un immigrant défende la sienne. Vive l'incohérence!
À bien y penser, c'est logique tout ça: je ne fais pas grand' chose pour protéger ma culture, donc je trouve stupide et, surtout, dangereux, qu'un représentant d'une autre ethnie le fasse. Ah....... On ne sortira donc jamais de ce foutu guépier?
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