2007-05-13

Le 12 mars 2007, j'envoyais une lettre à André Boisclair...

CONTEXTE

Au beau milieu de la campagne électorale, mon âme de militant souverainiste s'est soudain réveillée. Il était clair que le PQ s'acheminait vers une défaite historique, même si certains croyaient encore à la possibilité d'un gouvernement minoritaire péquiste. J'aurais aimé être aussi optimiste, mais j'avais depuis longtemps le sentiment que l'ADQ était mûr pour une montée fulgurante dans les votes. Or, à ce moment-là, on ne s'affirmait pas ouvertement adéquiste; comme je l'ai écrit auparavant, être adéquiste c'était un peu comme avoir une maladie honteuse. Les sondages étaient bien évidemment faussés... les électeurs de bastions péquistes (Lanaudière, par exemple) qui s'apprêtaient à "passer de l'autre côté", gardaient le profil bas.

Que faire dans ce contexte, puisque mes contacts avec le PQ étaient assez sporadiques (quelques conversations avec les candidats de Rimouski et de Matane, quelques courriels échangés avec un militant du MES, etc). Comment faire connaître mes inquiétudes au parti, sans que le filtrage de l'information ne les amortisse. Lorsque les opinions individuelles des militants et sympathisants d'un parti politique comme le PQ arrivent au sommet, c'est sous la forme d'un murmure indistinct. «Ah», se dit-on en se frottant les mains, «Les votants montrent de l'intérêt pour la politique. Ils vont donc voter.» L'écoute sélective achève d'anéantir toute forme de dialogue entre la base et le sommet.

Le 11 mars au soir, j'ai donc décidé de rédiger une lettre qui prendrait la forme d'un court mémoire, espérant que ce format aurait plus d'impact qu'un simple courriel. J'aurais peut-être pu l'envoyer par télécopieur, mais ma fibre technologique m'a chuchoté d'envoyer ce document par courriel, en pièce jointe, au bureau de monsieur Boisclair, directement.

Ce petit texte se voulait un véhicule pour faire entendre mes inquiétudes, communes à de nombreux militants à ce moment-là, et pour faire avancer des propositions qui n'avaient reçu absolument aucune considération de la part des candidats et élus auxquels j'en avais glissé un mot. Inventons une maxime à ce propos: «À trop contempler son ombre, on ne voit pas venir la nuit.»

Des propositions, donc, en vrac. Mais des idées tout à fait compatibles avec le programme du PQ, avec l'avantage d'avoir une dimension humaine, de représenter une réalité tangible. J'aurais pu envoyer 100 idées, j'en ai des listes interminables, mais j'ai décidé de me limiter à une dizaine. Il est facile, au moment opportun, d'exploiter un filon intéressant ou de surprendre son adversaire politique. Le sens pratique -- voilà ce qui manque au PQ!

J'ai donc envoyé cette lettre juste avant le dépôt du budget fédéral, en espérant que le PQ développe entre temps une parade, une répartie, une idée originale pour reprendre l'initiative politique. J'avais tort, évidemment -- rien n'a bougé et nous avons perdu l'élection.

Voilà donc que je reproduis ici, exactement 2 mois plus tard et sans changer une virgule de place, cette fameuse lettre et la réponse laconique reçue du bureau de monsieur Boisclair. (Notez que j'ai retiré deux paragraphes de la lettre, pour des raisons que je vous expliquerai peut-être plus tard.)

EXTRAITS DE LA LETTRE DU 12 MARS

TITRE: UNE MODESTE PROPOSITION POUR AIDER LE PQ DANS SA CAMPAGNE ÉLECTORALE

Si l'on se fie à l'image projetée dans les médias (et qui est la seule à vraiment rejoindre l'électorat non militant), le Parti Québécois et le mouvement souverainiste ont perdu depuis longtemps l'initiative dans cette grande partie d'échecs qui se joue au Québec depuis plus de 30 ans. Avons-nous perdu la capacité de surprendre nos adversaires politiques, de les choquer même, en prenant des initiatives et en mettant le ROC devant le "fait accompli"? Toujours est-il qu'à vouloir toujours emprunter la même voie, à présenter les mêmes arguments, nous donnons à nos adversaires (plus riches, plus nombreux, plus visibles, et favorisés par la force d'inertie du statu quo) des occasions inespérées de nous couper l'herbe sous le pied. Notre prédictibilité nous affaiblit. L'initiative (vide de sens et de conséquences) du gouvernement Harper sur la "nation québécoise" en est l'exemple le plus récent.

La "saison des idées" et les initiatives similaires n'ont, semble-t-il, pas suffi à rétablir le rapport de force et à redonner l'initiative aux troupes souverainistes. Il semble que les troupes souverainistes aient de la difficulté à ramener le débat sur un terrain qui leur serait plus favorable, plus fertile.

Il est clair que l'Assemblée Nationale a perdu des pouvoirs depuis 1982. Le rapatriement de la constitution a donné aux troupes fédéralistes tout un cadre juridique leur permettant de combattre, de manière toujours justifiable, l'identité québécoise et notre désir d'émancipation. Les deux grandes vagues mondiales de décolonisation (années 1960 en Afrique et en Asie; années 1990 en Europe de l'est) sont passées et nous n'avons pas pu les saisir. Les Québécois n'étaient pas prêts, ou encore, ils n'ont pas réussi à triompher dans une arène politique dominée par une tradition anglo-saxonne qui nous échappe encore trop souvent. Nous ne maîtrisons toujours pas le terrain sur lequel se joue notre avenir collectif.

Le PQ a toujours été un parti de coalition, formé de groupuscules aux idées souvent incompatibles. La domination par tel ou tel groupe a pu influencer la politique officielle (allant de l'affirmationnisme à la P.M. Johnson aux "conditions gagnantes" de B. Landry, en passant par l'audace de la "souveraineté-négociation" à J. Parizeau). Toutefois, il est malheureux que les tiraillement internes du PQ se fassent trop souvent au grand jour; les divisions internes devraient rester discrètes. Ainsi, les médias fédéralistes ne perdent pas une occasion de nous expliquer comment l'approche "civique" de monsieur Boisclair semble entrer en collision avec le désir d'un référendum "le plus rapidement possible" de la base militante du PQ. Évidemment, le parti est beaucoup plus uni que dans cette caricature répétée dans les médias, mais comment faire comprendre cela à la population?

Il existe évidemment de nombreuses approches permettant de mener à la souveraineté, et celles-ci ne passent pas forcément par un référendum "le plus rapidement possible". Cette approche n'est pas la seule qui puisse satisfaire l'électorat souverainiste. Il y a d'ailleurs, au sein même du PQ, des groupes qui proposent des approches différentes, par exemple le MES, qui préfère une approche basée sur les gestes de souveraineté dès la prise de pouvoir. Cette approche a le mérite de faire progresser le Québec et, advenant une défaite référendaire ou carrément l'annulation du référendum (s'il devient clair que la défaite est inévitable), le Québec aura progressé de manière significative. C'est d'ailleurs de tels gestes que le PQ a posés dès son élection en 1976; le Québec a été transformé de manière durable.

Cette approche, une forme d'étapisme à la norvégienne, a toutefois le défaut de forcer le gouvernement du PQ à être un "bon gouvernement" pour le temps d'un mandat (ou plus). Advenant un référendum tardif, la population voterait en fonction de la qualité, voire de la popularité, du gouvernement péquiste (et non en fonction de son désir réel de souveraineté). On le sait, un gouvernement n'est pas toujours très populaire à mi-mandat, et doit trop souvent prendre des mesures impopulaires.

Il est toutefois intéressant de noter que les Norvégiens ont fait des gestes de souveraineté pendant des décennies avant d'arracher, pacifiquement et sans équivoque, leur indépendance. C'est un modèle qui porte à réflexion, mais qui ne changera pas grand chose dans l'actuel, puisque le PQ se dirige au mieux vers un gouvernement minoritaire, au pire vers une défaite. Dans la perspective d'un gouvernement minoritaire ou de coalition, le PQ devra mettre de côté toute visée référendaire et collaborer avec l'ADQ et QS dans une optique nettement plus autonomiste. Les idées exposées plus loin dans ce document sont d'ailleurs tout à fait compatibles avec une telle situation. Elles permettent de remodeler le Québec, de le transformer, de le faire progresser.

Mais si j'ai écrit ce court document, c'est toutefois parce qu'une menace beaucoup plus concrète, plus immédiate, se pointe à l'horizon.

CONTEXTE: LE DÉPOT DU BUDGET FÉDÉRAL DE 2007

Tout le monde est au courant que le gouvernement Harper a décidé, de manière éhontée, de s'immiscer dans l'actuelle campagne électorale québécoise en choisissant de déposer son budget une semaine avant le vote. Ce choix est lourd de conséquences. Les partis d'opposition, dont le PQ, auront moins d'une semaine pour réagir. Comme toujours, le PQ devra s'indigner de ce budget, critiquer certains points, et affirmer que le Québec s'en sortirait mieux s'il était indépendant. Tout cela est immensément prévisible; nos adversaires politiques le savent, les citoyens le savent, les médias fédéralistes le savent. Leurs contre-arguments sont fins prêts et nos critiques seront fort probablement accueillies avec une indifférence issue de l'habitude.

Il est aussi évident que Jean Charest, même s'il garde publiquement ses distances d'avec le gouvernement Harper, est en contact constant avec celui-ci et négocie en catimini des "munitions" politiques. Ne soyons donc pas surpris si, au dépôt du budget, Harper propose à Charest un "début de solution" au déséquilibre fiscal, assorti d'une "réponse" en argent sonnant aux demandes de Charest. Toute cela augure bien mal pour le PQ.

Après avoir amadoué les Québécois, après avoir montré que Harper peut "satisfaire" un gouvernement Charest (avec la carotte pécuniaire et le bâton électoral), rien n'empêchera alors ce duo de fins renards d'amorcer une ronde constitutionnelle menant à la signature de la Constitution de 1982, que les citoyens accepteront peut-être sans sourciller. On se souviendra que l'accord du lac Meech était populaire à plus de 60% au Québec quelques semaines avant son torpillage; si la population est suffisamment "attendrie" par un savant tango politique, le cercueil du Québec pourrait se voir enfoncer un autre clou.

UNE PARADE POSSIBLE À L'OFFENSIVE FÉDÉRALISTE ANNONCÉE

Malgré l'avancement de la campagne électorale, nous avons la possibilité de reprendre l'initiative. Il suffit pour cela d'agir plus rapidement et avec plus d'éclat que le couple Charest-Harper.

Le programme de chaque parti politique est, bien entendu, rendu public avant chaque campagne électorale; il en va de même avec la plateforme électorale en tant que tel. Tout cela rend les campagnes relativement prévisibles, mais ces documents contiennent bien des généralités, qu'on demande aux candidats d'approfondir, d'illustrer par des exemples concrets, de chiffrer. De même, le paysage politique et social ne cesse pas d'évoluer pendant une campagne, ce qui offre aux candidats l'occasion de se démarquer en réagissant aux situations; on n'a qu'à penser à Dumont, qui a saisi au bond la balle de Hérouxville (avec plus ou moins de dextérité).

Afin de surprendre, voire de choquer nos adversaire, il faut sortir des ornières de cette campagne électorale hélas trop prévisible, et occuper l'espace médiatique. Comment? En lançant une série de PROPOSITIONS totalement inattendues de la part du PQ. Surtout, il est important de lancer des propositions LA VEILLE (ou l'avant-veille) du dépôt du budget, de manière à ce que le débat soit déjà amorcé au moment où Harper déposera son document et récitera son discours préparé d'avance qui, évidemment, encensera le gouvernement Charest tout en démonisant le PQ et les souverainistes.

Ainsi, ce serait une manière de "voler la vedette" ou encore, si vous me pardonnez l'expression, de "noyer le poisson" (que le poisson en question soit l'anguille Harper ou la carpe Charest). Je ne parle pas ici de présenter aux médias une version remâchée du programme du PQ, ou encore de présenter des promesses creuses ou trop générales, mais bien de frapper là où les autres partis politiques québécois ne s'y attendent pas. J'ai préparé ici une liste de 10 propositions qui pourraient obtenir l'effet recherché. Les "postures" politiques varient du "bon gouvernement" (de centre-gauche) à l'étapisme à la norvégienne, voire à l'autonomisme dans l'immédiat (i.e., gestes de souveraineté), histoire de couper l'herbe sous le pied des autres partis. Il faut aussi se prévoir une porte de sortie advenant l'absence de conditions gagnantes pour un référendum.

Les propositions touchent aux sujets suivants: l'avenir du Québec, le déséquilibre fiscal, les régions-ressources, les transports, les aînés, les jeunes, la société, l'environnement, les autochtones, l'agriculture. Je n'ai pas inclus les hôpitaux (ou la santé) dans cette liste, parce qu'il s'agit d'un domaine où il est trop facile de retourner un argument ou de le démolir à coup de chiffres. De même, le mont Orford et les accommodements raisonnables ne devraient pas être mentionnés explicitement, car il s'agit de sujets pointus et trop controversés.

DIX THÈMES, DIX PROPOSITIONS

DÉSÉQUILIBRE FISCAL

Concertation avec l'ADQ et QS pour passer une loi amorçant le rapatriement du pouvoir exclusif de lever les impôts par Québec (pour le bien des citoyens québécois et pour nous permettre de mieux gérer notre richesse, tous ces partis en conviendront!). Les impôts sont une compétence que le Québec peut s'approprier de manière exclusive! Création du poste de "Ministère des relations fiscales" pour gérer le versement unique annuel à Ottawa de la part du Québec. Ébauche d'une politique de protection des compétences provinciales et des compétences exclusives du Québec.

Explication: Il s'agit de la proposition la plus controversée du lot, et de la pierre angulaire de cette tactique. Le pouvoir de taxation des provinces est prévu dans la constitution de 1867, mais il y a probablement ambiguïté lorsque l'on considère les lois fédérales passées pendant et après la Seconde guerre mondiale. Il faut jouer sur cette ambiguïté, et aussi sur la popularité d'une telle mesure chez les citoyens (qui finiront bien par se lasser de remplir deux déclarations d'impôts... ce qui risque, à terme, de faire disparaître la déclaration québécoise). Un Québec qui se pose en intermédiaire entre ses citoyens et Ottawa pour les questions fiscales se positionne solidement sur une trajectoire souverainiste à moyen terme. Notons que cette idée a déjà été présentée par divers partis, dont l'ADQ.

PROSPÉRITÉ DES RÉGIONS-RESSOURCES

a) Débuter un programme de redevances régionales et municipales basé sur la production en kwH des installations. Les municipalités qui ont des centrales sur leur territoire recevront des redevances directement issues de la quantité d'électricité produite.

b) Lever une taxe sur le transport longue distance des matières premières, qui favorisera l'implantation de la première et seconde transformation sur place, plutôt qu'à des milliers de km.

Explication: La proposition n'est pas nouvelle. Mais il est essentiel que les municipalités profitent directement des barrages ou des éoliennes installées sur leur territoire. Sans quoi, les municipalités ont raison de contester le développement énergétique s'il "exploite" leur région sans l'enrichir. Au Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie, on a assisté à des levées de bouclier face à des projets d'éoliennes. Quant à la question épineuse de la transformation locale, on a vu récemment un projet de transformation du bois gaspésien devenir l'enjeu de débats houleux à Gaspé.

AVENIR DU QUÉBEC

Annoncer des états généraux sur l'avenir du Québec avec le Bloc, l'ADQ et QS sur une déclaration commune sur le droit à l'autodétermination du Québec. Concertation avec les autres partis souverainistes ou autonomistes, pour harmoniser les gestes de souveraineté et d'autonomie; il faut faire front commun pour que le Québec avance! Avant toute consultation populaire, faire avancer le Québec, tout comme le PQ l'a fait dès son élection en 1976. Passage d'une loi similaire à la Loi 99, incluant une clause sur le droit à l'autodétermination et sur la prédominance du droit international sur toute "Loi sur la clarté".

Explication: En lançant une perche aux autres partis souverainistes ou autonomistes, nous sommes doublement gagnants. D'une part, en faisant miroiter un front commun, nous préparons les citoyens à un gouvernement de coalition ou, du moins, à une approche qui regrouperait une majorité des Québécois et de leurs élus. Cela permettrait au gouvernement du PQ de passer rapidement de nombreuses lois à saveur autonomiste ou souverainiste. En second lieu, un parti qui se dit prêt à travailler avec les autres partis présente une image rassembleuse à la population, tout en récupérant une partie de l'électorat de ces autres partis. Québec Solidaire et l'ADQ ne dédaigneraient certainement pas de se faire offrir la parole lors des débats sur l'avenir du Québec (voir les propositions sur le déséquilibre fiscal et sur l'environnement).

TRANSPORTS

[NOTE: paragraphe confidentiel]

AÎNÉS

Créer les CVA (Centres de Vie pour les Aînés): un programme de centres de soins et d'hébergement pour les aînés en perte d'autonomie ou non autonomes, avec places subventionnées et prix contrôlé. Avec nombre de places comptabilisées par région, cela nous donnera un mode de gestion similaires au réseau des CPE. Ce plan inclurait aussi des incitatifs pour la création de micro-centres pour aînés.

Explication: Pourquoi ne pas y avoir pensé plus tôt? Nos aînés sont vulnérables et il n'y a pas, actuellement, de gestion globale/régionale des places en centre d'hébergement. Le modèle des CPE est idéal, mais il faut évidemment éviter, dans le discours, la comparaison directe des aînés et des enfants!

JEUNES

Offrir un crédit d'impôts dégressif (par exemple: 100%, 80%, 60%, 40%, 20%) sur 5 ans aux diplômés qui commencent sur le marché du travail (tous les diplômes post-secondaires), tant qu'ils demeurent au Québec pendant cette période.

Explication: Ce type de programme est idéal puisqu'il encourage les jeunes professionnels (par exemple les médecins) à rester au Québec, et il est d'autant plus alléchant que les salaires des jeunes travailleurs diplômés sont élevés. En réduisant le nombre de faillites personnelles chez les finissants, et en réduisant l'exode des cerveaux, ce projet sera fort probablement rentable.

AGRICULTURE

Annonce d'une nouvelle politique agricole basée sur l'autosuffisance alimentaire du Québec (i.e., le Québec doit être en état de nourrir tous ses citoyens en cas de crise majeure qui menacerait les approvisionnements, comme la grippe aviaire ou une crise pétrolière). Ce programme permettra de réévaluer les besoins réels du Québec et de redéfinir les quotas et les subventions selon une vision purement québécoise.

Explication: Les politiques agricoles canadiennes sont un frein aux producteurs québécois. Ce projet, tout en répondant à des inquiétudes réelles, amorcera un débat sur l'importance de notre production alimentaire, tout en nous redonnant un pouvoir sur nos quotas et en justifiant nos décisions.

SOCIÉTÉ

[NOTE: paragraphe confidentiel]

ENVIRONNEMENT ET KYOTO

L'électricité est notre plus grande richesse, et c'est une richesse propre en plus. Nous allons entamer le rachat des voies ferrées du Québec, l'électrification de ces voies ferrées et l'établissement d'un réseau québécois de transport intermunicipal électrifié, qui sera propre efficace et très abordable. Ce réseau permettra aussi de transporter les marchandises le long de l'axe du Saint-Laurent, ce qui réduira le trafic et la pollution dans la voie maritime, tout en assurant l'essor des ports de l'est du Québec. Ce moyen de transport réduira aussi le prix du transport des denrées. Nous allons aussi évaluer l'établissement de lignes de tramway ou d'autobus électrique pour le transport local, dans les 6 plus grands centres urbains du Québec.

Explication: La moitié du réseau de voies ferrées du Québec n'appartient pas à des sociétés fédérales; il est donc possible de les "nationaliser" ou de les chapeauter. Une entente avec Hydro-Québec pour la R&D, et les retombées économiques dans la plupart des villes, rendent ce projet intéressant. Il s'agit d'un des rares projets ayant à la fois un fort potentiel économique et des conséquences très positives sur l'environnement. N'oublions pas que s'approprier les rails, c'est démanteler la colonne vertébrale du Canada (en quelque sorte).

AUTOCHTONES

Passage d'une loi reconnaissant l'importance de chacun des 11 peuples autochtones du Québec (ainsi que des métis) et de leur participation, comme peuple fondateur, à la nation québécoise. Annonce d'une ronde de négociations, avec chaque peuple, de statut particulier (municipalité autonome, territoire style Nitassinan, etc. Offrir de majorer tout statut existant avec Ottawa, sous la forme d'une entente bipartite avec Québec et d'une définition forte enchâssée dans la constitution québécoise.

[NOTE: une annexe de 2 pages accompagnait cette proposition]

EXTRAITS DE LA RÉPONSE

Monsieur,

Au nom du Parti Québécois, nous accusons réception de votre courriel du 13 mars dernier ainsi que du document qui l'accompagnait.

Nous vous remercions pour votre « modeste contribution », qui est en réalité un document de réflexion à l'image des préoccupations de nos militants. Vos thèmes et les solutions que vous proposées viennent pour la plupart compléter les objectifs poursuivis par le Parti Québécois.

À titre d'exemple, nous déplorons tout comme vous le dépôt d'un budget fédéral en pleine campagne électorale québécoise. Nous accordons également une grande importance au règlement du déséquilibre fiscal. Il nous apparaît cependant difficile de rapatrier au Québec les pouvoirs exclusifs de lever les impôts sans réaliser du même coup notre souveraineté.

Par ailleurs, en ce qui concerne les régions ressources et le respect du Protocole de Kyoto, le Parti Québécois a pris des engagements solides pour revitaliser l'économie régionale et révolutionner le monde des transports.

Finalement, rappelons-nous que le Québec est à l'avant-garde en matière de reconnaissance des droits des autochtones. En 1985, le gouvernement de René Lévesque reconnaissait 11 nations au Québec. Elles sont aujourd'hui bien vivantes et en pleine expansion démographique, sans compter qu'elles partagent avec nous un territoire immense.

Un gouvernement du Parti Québécois entend donc continuer dans cette voie et, à l'instar du gouvernement de Bernard Landry qui signait la Paix des Braves avec les Cris du Québec en 2001, nous voulons affermir les liens qui unissent les Premières nations et la nation québécoise.

Nous vous prions d'agréer, Monsieur, l'expression de nos sentiments les plus respectueux.

(SIGNATURE)

9 commentaires:

Julien Fournier Dorion a dit…

Ce blogue renferme des articles au contenu ambitieux. Il est sans contredit l'un des carnets Web qui m'inspirent le plus ; cette fois-ci, les extraits de la lettre envoyée à M. Boisclair s'avèrent être une initiative que je me permets de saluer cordialement, bien que cette dernière n'ait pas eu les effets escomptés.

Ces propositions amènent un vent de fraicheur sur les vieux programmes qui ont été dépoussiérés trop discrètement jusqu'à présent.

J'incite quiconque à suivre cette démarche ; nous avons besoin de promoteurs comme HD.

Renart L'éveillé a dit…

Concernant la possible (?) coalition avec l'ADQ, le ton chauvin de Mario Dumont ne laisse pas percer une amélioration! Espérons qu'il perdra un jour l'omniprésence de l'électoralisme qui le caractérise à outrance jusqu'à maintenant. Car, vous avez raison, son parti semble plus près des souverainistes que des fédérâleux. L'autonomisme est né par dépit devant l'absence de créneau frais : on voit bien qu'il n'a pas la feuille d'érable tatouée sur le coeur, comme le bienheureux mais néanmoins pris en étau Johnny Charette. Hé hé!

Camarade iki a dit…

T'es quoi toi un gars qui se dit souverainiste mais qui crache à la figure de tes amis souverainiste?

Hypocrite va et ne revien pas.

HD a dit…

Camarade Iki, peux-tu m'expliquer exactement ce que tu me reproches? D'avoir essayé d'avertir le PQ du désastre qui se préparait? D'être critique envers un parti dont je souhaite le succès? De ne pas avoir abdiqué mon droit de penser et d'émettre des opinions au nom de la "solidarité" (servitude?) envers un André Boisclair dont je n'appréciais ni les idées, ni les arguments, ni le leadership?

Si le PQ n'a pas été en mesure d'écouter les inquiétudes et les idées de ses membres auparavant (ce qui n'a probablement pas aidé pendant la dernière campagne), on peut espérer qu'il rectifiera le tir avec madame Marois au sommet.

Ce n'est pas en manifestant avec un drapeau Patriote dans les mains, deux fois par année, que le Pays du Québec va se faire.

La grenouille a dit…

Que je me félicite d'être venue lire ceci :-)

Superbe initiative, texte intelligent, clair et concis, idées fort intéressantes, ma foi...

J'en suis justement à réfléchir à ma propre liste de trucs que je voudrais voir mis en place et je suis bien contente de constater que nos pensées diffèrent sur plusieurs points. Sinon, ben, j'aurais pas eu le plaisir de pondre mon p'tit texte à moi; à quoi bon? ;-)

Y'a un truc qui m'énerve en ce qui a trait à la réponse que vous reçutes (ça se dis-tu?) du PQ: ils trouvent vraiment la situation des Autochtones si reluisante que ça? C'est dommage mais là dessus, je ne suis pas du tout, du tout...

Mais bravo et merci pour ce bel effort de réflexion et de prise de position citoyenne!

Et, Camarade Iki; ouate de phoque???

La grenouille

Camarade iki a dit…

Au sujet d'andré boisclair mais bon si tu ne l'aimais pas c'est pas grave car j'aime pas marrois.

Dan, le Bum intello a dit…

Par curiosité, je suis passé.

Et pour quelqu'un qui me reproche d'avoir du temps à perdre...ouf!

Penser changer la campagne électorale du PQ avec ce mémoire, ça frise la prétention.

PS: Inquiète-toi pas: je ne faisais que passer donc ne te donne pas la peine de répondre car je ne verrai pas ta réplique...

Dan, le Bum intello a dit…

Ah! Tu modères les commentaires!

Courageux ça!

HD a dit…

Cher bum intello,
je salue vos efforts, même maladroits, visant à atteindre la reconnaissance sociale. Toutefois, je n'essaierai pas de friser la prétention, puisqu'elle est bien plus jolie avec les cheveux raides.