Le rapport de la Commission semble prendre pour acquis que ce qui se passe dans le reste de la planète, que ce soit du côté de la culture ou du commerce, est tout en anglais. Cela est peut-être vrai pour une partie des échanges, en particulier du côté nord-américain, et on ne s’étonnera pas de constater que la plupart des publications scientifiques se font avant tout en anglais. Soit.
Mais il serait erroné et même dangereux de s’imaginer que le Québec est un îlot francophone, donc forcément isolationniste, dans un océan anglophone de dimension mondiale. Les deux commissaires commettent, dans cette étape de leur raisonnement, une grave erreur de généralisation -- une exagération dans le rapport de proportions, dans la place du Québec dans le Monde et dans leur vision du reste de la planète.
S’ils avaient vraiment voulu être honnêtes intellectuellement, ils aurait nommé les choses par leur nom. L’apprentissage de l’anglais a surtout pour but l’intégration des Québécois dans l’ensemble nord-américain anglo-saxon; le reste de la planète ne ressent pas ce besoin de s’y intégrer et cela est compréhensible. Le Brésil, le Japon, la Finlande ou la Russie peuvent très bien fonctionner dans leurs langues nationales respectives sans avoir peur de se faire taxer de « nationalistes » et « d’isolationnistes ». Les insultes volent bas, très bas.
Le principal tort du Québécois moyen n’est pas sa connaissance fragmentaire de l’anglais. C’est plutôt d’être né dans une bulle francophone en Amérique du nord. S’il était né n’importe où ailleurs dans le monde, il aurait le droit de continuer à parler sa langue maternelle (et nationale) sans se sentir coupable de « crime de repli identitaire » et sans se faire accuser d’être passéiste.



1 commentaires:
J'ai les cheveux drette s'a tête! Merci de me confirmer que parler français au Québec n'est pas un crime. Je vis à Montréal et j'ai l'impression qu'on me dévisage lorsque je continue en français malgré les réticences de la caissière à parler français. Quand le petit de mes voisins, qui sont au Canada depuis une vingtaine d'années, s'amuse à couper mes fleurs avec des ciseaux, je ne peux même pas leur faire comprendre que j'Aimerais qu'il cesse : ils ne parlent pas un mot de français, ils baragouinent l'anglais sans savoir le lire. C'est à se demander comment ils réussissent à faire leur demande de carte d'assurance maladie. C'est sûrement un des nombreux services aux immigrants offerts en cambodgien qui leur permettent de le faire.
En ce qui concerne la Commission, avec le recul, on dirait que sa seule intention était de nous inviter à être encore plus gentils et accommodants avec les immigrants (comme s'il n'y avait pas déjà assez d'églises clandestines). Ils ont en fin de compte traité tous les Québécois d'intolérants. Je leur réponds que cette accusation est bien intolérante de leur part...
En passant, je suis québécoise naturalisée (immigrante reçue de première génération).
Salut!
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