Le rapport Durham est souvent cité, même aujourd'hui, par des militants fédéralistes qui essaient de démontrer que le Régime français était inférieur à l'occupation britannique, que les britanniques nous ont « sauvés », que le peuple de la vallée du Saint-Laurent était « arriéré » (peuple, dans le sens de peuplement).
Assez curieusement, quand Thoreau a écrit « A Yankee in Canada » dans les années 1860, il fait EXACTEMENT les mêmes critiques que Durham sur les établissements de la vallée du Saint-Laurent : peuple de misère, méthodes d'agriculture désuètes, peuplement linéaire le long des cours d'eau, villes pauvres, pas assez de gâteau au menu (!), etc. Or, ces critiques sont dirigées autant vers les paysans francophones que vers les maîtres britanniques, présents depuis un siècle déjà au moment où il effectue ce voyage.
Se pourrait-il, donc, que les britanniques n'aient rien apporté de supérieur finalement (en termes d'institutions et de développement humain), que le lent développement de nos contrées ait plutôt été causée par les conditions climatiques difficiles, et que le peuplement linéaire (le long des rivières) ait été fait pour profiter au maximum des voies d'accès? Se pourrait-il que la Conquête n'ait été, finalement, qu'une conquête -- un changement de domination coloniale? Et que les peuples d'ici, tant francophones qu'anglophone, n'aient commencé à se développer réellement que lorsqu'ils ont pu prendre leurs propres décisions?
Dans ce cas, l'identité de la puissance coloniale, du dominateur, n'a que peu d'importance. Le projet de libération politique de Papineau, puis de Lafontaine-Baldwin, prend tout son sens -- être plus libres pour être plus prospères (à comparer avec le « maîtres chez nous » de Lesage). Mais il ne justifie EN AUCUN CAS une révision de l'Histoire qui donnerait aux forces militaires coloniales britanniques un rôle humanitaire, n'en déplaise à Durham.
Assez curieusement, quand Thoreau a écrit « A Yankee in Canada » dans les années 1860, il fait EXACTEMENT les mêmes critiques que Durham sur les établissements de la vallée du Saint-Laurent : peuple de misère, méthodes d'agriculture désuètes, peuplement linéaire le long des cours d'eau, villes pauvres, pas assez de gâteau au menu (!), etc. Or, ces critiques sont dirigées autant vers les paysans francophones que vers les maîtres britanniques, présents depuis un siècle déjà au moment où il effectue ce voyage.
Se pourrait-il, donc, que les britanniques n'aient rien apporté de supérieur finalement (en termes d'institutions et de développement humain), que le lent développement de nos contrées ait plutôt été causée par les conditions climatiques difficiles, et que le peuplement linéaire (le long des rivières) ait été fait pour profiter au maximum des voies d'accès? Se pourrait-il que la Conquête n'ait été, finalement, qu'une conquête -- un changement de domination coloniale? Et que les peuples d'ici, tant francophones qu'anglophone, n'aient commencé à se développer réellement que lorsqu'ils ont pu prendre leurs propres décisions?
Dans ce cas, l'identité de la puissance coloniale, du dominateur, n'a que peu d'importance. Le projet de libération politique de Papineau, puis de Lafontaine-Baldwin, prend tout son sens -- être plus libres pour être plus prospères (à comparer avec le « maîtres chez nous » de Lesage). Mais il ne justifie EN AUCUN CAS une révision de l'Histoire qui donnerait aux forces militaires coloniales britanniques un rôle humanitaire, n'en déplaise à Durham.



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